13 novembre 2015

Je suis née une trentaine d’année après la fin du dernier conflit mondial. Autant dire que pour moi la guerre fait plus référence aux manuels d’Histoire, à l’examen du baccalauréat, et à une série de dates apprises par cœur qu’à une réalité palpable. Marignan, 1515.

Jusqu’à ce jour, la guerre était donc cette chose abominable qu’on nous avait décrite, à mes camarades de classe et moi-même, lorsque des professeurs passionnés (oui, j’ai eu des profs d’Histoire passionnés et passionnants !) tentaient de nous faire toucher du doigt ce qu’avait pu être le quotidien de milliers de personnes. Dans le froid sibérien d’une plaine russe, dans des tranchées mortifères, dans des camps d’un autre temps, sous un nuage radioactif ou dans les odeurs du napalm.

La guerre, c’était des images très lointaines. Lointaines car datant de plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Lointaines car, pour celles qui avaient cours, elles se déroulaient dans d’autres pays, sur d’autres continents, au sein d’autres civilisations. Civilisations que je jugeais prétentieusement moins développées (moins évoluées ?) que la nôtre. Le Proche-Orient. Pas si proche. Le Yémen. Quelque part sur la péninsule arabe. L’Afghanistan. Territoire perdu entre l’Europe et l’Asie.

La guerre, c’était un conflit israélo-palestinien qui me paraissait bien trop complexe pour tenter d’en comprendre les origines et les conséquences. Un conflit au long terme, qui, au nom de la religion, ne connaîtrait certainement pas de fin. Une guerre oui, loin d’ici …

Dans les années 90, la guerre avait le visage d’images vidéos verdâtres. De vagues lumières blanches traversaient ces images irréelles venues de nulle part. Un nulle part qui portait le nom d’Irak. Une guerre sans cadavres ensanglantés, sans cris. Des images bien éloignées des représentations que mon éducation avait construites. Une guerre oui, une de plus …

Ma compassion ne pouvait pas imaginer dans quelle souffrance vivent les peuples en guerre. Les maisons détruites, les corps qu’on recouvre, les hommes armes au poing, les snipers juchés sur des toits, les journalistes en gilets pare-balles, les femmes voilées pleurant leurs enfants, leurs maris, leurs frères, tout cela pour moi faisait partie d’un autre monde. Un monde que les reporters de guerre donnaient à voir à l’Occidentale privilégiée que je suis. Un monde dont j’étais protégé par des frontières. Des frontières physiques, géo-politiques, économiques, intellectuelles. J’avais simplement oublié, qu’en 2015, il n’y a plus de frontières … d’aucune sorte.

Ce matin, alors que je me levais (et que je comptais bien me recoucher !) pour préparer un café à mon cher et tendre qui, lui, partait travailler, j’ai allumé la radio. Geste machinal. Rituel quotidien qui accompagne mes petits-déjeuners. Il m’a fallu quelques minutes pour percevoir quelque chose d’inhabituel. Un trouble. Quelques minutes en suspend. Une invitée à la voix blanche, au ton grave, aux mots choisis. Quelques minutes. Allumer le téléphone portable. Quelques minutes encore. Attendre la connexion. Lire les alertes. Quelques secondes. Des mots apparaissent. Le Parisien. Attentats. Paris. Morts. Puis un chiffre. 120. Un chiffre pour compter des morts. La voix du journaliste qui rappelle les évènements de la nuit. Des images sur une chaîne d’information en continu. Quelques minutes. Quelques minutes et dans mon esprit, les pièces d’un puzzle qui s’assemblent et font apparaître le mot « guerre ». En France. En 2015. Je ne savais pas encore que ce mot tournerait en boucle dans tous les médias …

Des méthodes venues de pays que je croyais lointains. Une barbarie que je pensais appartenir au Moyen-Age. La conscience soudaine, violente, d’être dans un pays en guerre. Face à un ennemi effroyable, redoutable, déterminé, fanatique, prêt à tous les sacrifices. Prêt à mourir.

Au XXIème siècle ? Dans mon pays ? Il y aurait encore des guerres de religion ? Non, impossible. L’Humanité n’a pas pu en rester là ? A un tel niveau de sous-développement, de barbarie.

Je ne me suis pas recouchée …

J’ai continué de vivre. Je suis partie au marché. J’ai croisé un voisin. De quarante ans mon aîné, il a relativisé tout cela. Il estime que le mot « guerre » est galvaudé. Qu’il s’agit d’un état préoccupant, dangereux, mais que ce n’est pas la guerre. Petit débat philosophique au bord de la chaussée. Où s’arrête le danger et où commence la guerre alors ? Au nombre me répond-t-il. Au nombre de morts. En y repensant sa réponse est plus que cynique. Immorale. A partir de quelle quantité de morts estime-t-on être en guerre alors ? Je lui oppose que, selon moi, la guerre commence dès que l’on ne peut plus vivre ni se déplacer en sécurité, quand on commence à se dire que l’on peut perdre la vie au coin de la rue. Quand des gens armés s’attaquent aveuglément à de simples civils. Mais qui suis-je pour prétendre définir la guerre, moi qui ne l’ai pas connue ? La guerre, c’est simplement le contraire de la paix.

Au delà-là de ce que les mots échoueront fatalement à dire tant nous sommes sans voix face à la guerre, une question demeure : le peuple des Hommes parviendra-t-il, un jour, à évoluer avant son suicide ?

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La magie …

… de Noël

Ce matin, Noël avant l’heure , non pas sous le sapin, mais dans ma boîte aux lettres :

Factures

Oui, tout ça rien que pour moi et en une seule fois ! Et encore, il manque la facture semestrielle d’eau !

Bref, à tous ceux qui en douteraient encore le père Noël n’existe pas 🙂

Bonne journée quand même !

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Encore raté !

Les obligations du samedi matin remplies, je me suis pelotonnée sur mon canapé, sous une grande couverture en mohair, un livre à la main. Passé les trois premières pages, j’ai rapidement sombré et me suis endormie. Une heure plus tard, le carillon de la pendule me réveillait en sonnant sa série de quatre coups aigus. Encore raté ! L’hibernation ne serait pas pour cette fois !

Pourtant, je me serai bien imaginée endormie pendant les cinq ou six prochains mois.

Pendant que mes congénères se seraient emmitouflés le bout nez, pendant qu’ils auraient passé un quart d’heure tous les matins à couvrir le moindre centimètres carrés de peau pour ne pas qu’il gèle, pendant qu’ils auraient glissé leur pieds, recouverts de deux paires de chaussettes tricotées laine, dans de grandes bottes fourrées, pendant qu’ils auraient caché leur chevelure (ou leur crânes dégarnis !) sous des bonnets, des casquettes molletonnées, et autres couvre-chefs de saison, pendant qu’ils auraient ganté leurs mains de soie, de peau de chèvre ou de laine polaire. Pendant qu’ils se seraient enduits les lèvres de Dermofil Indien, les mains de crème norvégienne, les joues de Cold Cream et le corps de beurre de karité. Pendant qu’ils auraient bu des litres de soupe poireaux-pommes de terre, de tisane verveine-menthe ou tilleul-miel, de thé de Noël ou de vin chaud aux épices pour se réchauffer. Pendant qu’ils auraient entretenu leur cholestérol autour d’une fondue savoyarde, d’une raclette ou d’une blanquette de veau. Pendant qu’ils auraient pesté en se garant juste au-dessus de la plus grosse flaque du parking, ou contre la vendeuse de chaussures qui avait réussi à leur fourguer un imperméabilisant totalement inefficace pour la modique somme de douze euros, ou encore contre la chaudière qui ne voulait pas se rallumer alors qu’on était samedi soir et qu’il faisait 13°C dans la maison, et bien sûr contre leur fichu parapluie qui, comme la tradition le veut, refusait de s’ouvrir alors que l’averse s’intensifiait.  Pendant qu’ils auraient dépensé leur treizième mois en cédant aux sirènes consuméristes de Noël et que, culpabilisés, ils auraient aussi laissé quelques euros à des associations caritatives, histoire de se donner bonne conscience. Pendant que les résidences secondaires de bord de mer resteraient volets clos, pendant que les glaciers sur la jetée attendraient le retour des beaux jours, pendant que les balayeurs nettoieraient les rues désertées. Pendant que le vent s’échinerait à dépouiller les arbres de leurs dernières feuilles, pendant que les rafales mettrait au défi les ouvrages des hommes, pendant que la pluie transformerait nos jardins en terrain marécageux, pendant que le froid attaquerait mortellement tous ceux qui ne pourraient s’en protéger.

Oui, pendant ce temps là, moi, j’aurai dormi, je me serai baladée à travers des pays imaginaires, sans contrainte, au chaud … Puis je me serai réveillée comme une fleur (c’est le cas de le dire), au printemps. Fraîche et reposée. En plus j’aurai perdu quelques kilos, je n’aurai eu qu’à accueillir l’été en me réjouissant de la vie qui revenait et …

Oui, bon, d’accord, c’est totalement ridicule, je ne suis ni une marmotte, ni une oursonne, et, me connaissant, je ne tiendrais pas deux jours sans manger !!! Mais quand je regarde par la fenêtre … une p’tite hibernation, franchement, parfois, c’est tentant ! 🙂

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Dans la foulée …

coureur par J-C Mazurie

Petite réflexion inspirée à la fois par les dessins de Jean-Christophe Mazurie, qui a eu l’immense gentillesse de m’en proposer certains pour illustrer cet article et dont vous pouvez voir l’excellent travail sur son blog, mais aussi par les bipèdes transpirants qui passent régulièrement devant ma porte.

En les voyant arriver de loin, se rapprocher inexorablement au rythme de leur foulée légère, dépasser mon pas-de-porte puis disparaître de la même façon, une question s’impose à moi. Ou plutôt deux. La première, après quoi courent-ils ? Et la deuxième, pourquoi courent-ils ? Je doute que ce petit exposé parvienne à y répondre mais, faire leur portrait m’a semblé amusant …

Les profils sont variés. Cela va du drogué de la course à pied qui ne conçoit pas une journée sans sa dose de dopamine via quelques kilomètres dans les baskets, aux copines qui, voyant arriver les beaux jours, se disent qu’il faut vraiment faire quelque chose pour cette vilaine cellulite avant l’impitoyable test dit du « bikini-trop-petit » ! (savent-elles d’ailleurs que courir n’y changera rien ?). En général, on distingue assez facilement les deuxièmes du premier …

Entre les deux, il y a tout une palette bigarrée d’individus aussi ordinaires qu’atypiques. Des coureurs tout simplement et des coureurs pas simples du tout. Ces derniers, tout droit sortis d’un magazine de running, vêtements arborant les logos des marques « must have« , couleurs tendances, courent autant pour montrer qu’ils courent que pour le simple plaisir du sport, voire plus. Si la tenue vestimentaire est bien sûr déterminante (elle l’est à chaque moment de la vie, celui-ci n’y échappe évidemment pas !), la couleur des baskets, le choix des lunettes, celui de la montre, qui elle, s’apparente plus à un ordinateur de bord débordant de fonctions toutes plus indispensables les unes que les autres, (que même James Bond, il en a pas une aussi perfectionnée), l’option avec ou sans musique, i-pod visé sur le biceps et écouteurs savamment glissés dans les oreilles (ou pas !), sont également des critères à prendre en compte.

Certains sont là pour leur bien-être, d’autres pour être vus donc, d’autres pour entretenir leur corps comme on prend soin d’une machine puissante mais fragile, d’autres encore pour s’entraîner en vue d’une prochaine course, d’un semi-marathon, d’un trail ou de je ne sais quoi encore de pénible, douloureux et qui fait transpirer ! Des efforts improbables, parfois de nuit, sur des terrains accidentés, boueux ou dans les bois (très certainement peuplés de sangliers et de loups affamés), perdus au fin fond d’un bled tellement paumé qu’il faut se lever à 6 heures du mat’ le dimanche et faire deux heures et demi de bagnole pour s’y rendre ! Je me suis renseignée (Google est ton ami), il y en a tous les week-ends des trucs de fous comme ça ! Et en plus, souvent, il faut payer pour participer !

D’autres encore traînent des pieds, mais ils se font violence car « c’est bon pour mon corps » et puis, quand leurs collègues leurs demanderont demain matin autour de la machine à café « Et toi, t’as regardé quoi hier soir ?« , ils pourront répondre d’un air faussement détaché « Moi ? Oh, rien, j’suis allé courir sur les quais. C’était le temps idéal ! Et puis rien ne vaut un petit jogging après le boulot … » ! Mais oui, bon sang mais c’est bien sûr, un bon p’tit jogging après le boulot pour se vider la tête … et mater plein de jolies joggeuses ventre plat, brassière flashy pour contenir leur poitrine parfaite et les fesses moulées dans leur petit short en Lycra ! C’est sûr que ça motive … pour faire un p’tit jogging après le boulot !

boy and girl par J-C Mazurie

Non, en vérité il ne dira pas « jogging« , car, je ne sais pas si comme moi vous avez remarqué, mais j’ai l’impression que le mot jogging est devenu désuet, pour ne pas dire limite ringard. Le jogging c’était le truc des années 80-90, quand Bernard Tapie marchait à la Wonder et arborait fièrement ses muscles pectoraux dans Gym Tonic, mais maintenant on ne fait plus de jogging, non, maintenant on fait de la course à pied, du running, à la limite du footing mais certainement pas du jogging ! Rien qu’en écrivant ce mot, je revois parfaitement les survêtements fluos hideux en vogue quand j’étais encore au collège … !!!

Pour en revenir à notre spécimen fan de course après le boulot (pour se vider la tête !), il faut bien reconnaître que les quais en bord de Garonne sont un parfait substitut pour citadins en manquent de chemins campagnards. C’est également un incomparable poste d’observation pour compiler toutes les espèces de ces animaux courants. Je pense que je devrais m’y installer pour prendre des notes et élargir l’éventail des portraits mais il y en a une telle quantité que je préfère, pour l’instant, me consacrer à ceux de la campagne. Car oui, il en va des coureurs, comme des rats : il y a ceux des champs et des villes.

Parmi ceux des champs donc, il y a Rocky. rocky par J-C Mazurie

Oui, je l’ai surnommé Rocky car je lui trouve un petit côté Rocky Balboa (Training Scene, mais sans le chien !), d’ailleurs je ne serai pas surprise d’entendre The Eye of the Tiger dans ses écouteurs (oui, il fait partie de la catégorie des coureurs avec musique). Rien ne semble pouvoir le détourner de son effort quotidien, ni la météo capricieuse, ni la rudesse de l’hiver, ni la nuit à 18h ne l’arrêtent, il court. Son parcours est bien établi, plusieurs kilomètres je suppose pour l’avoir croisé à des endroits bien éloignés de chez moi, il n’en dévie pas, il court. Vêtu d’un jogging Adidas noir à bandes dorées d’une autre époque (mais visiblement le vintage fait fureur …), lunettes de soleil aviateur à verres miroir sur le nez, pas très grand, râblé, son physique tient plus du boxer catégorie poids moyen que du marathonien éthiopien. Etrangement, sa foulée est à la fois lourde et légère et ses pieds semblent avaler le bitume comme j’avale les fraises Tagada. Malgré son évidente absorption à l’effort, il ne manque jamais de me gratifier d’un bonsoir tout en poursuivant sa course, imperturbable. Effort d’ailleurs, qui vu d’ici, semble tout à fait relatif, mais que, personnellement, je serai bien incapable de … Ah ! Je m’interromps, et pour cause, alors que j’écris toutes fenêtres ouvertes, je viens d’entendre puis de voir passer un spécimen féminin (le son caractéristique des foulées enchaînées précède toujours la vue de l’animal), crinière bouclée retenue par un élastique et gros casque bleu sur les oreilles, son déplacement rapide m’a empêché d’en voir plus ! Revenons à Rocky, je disais donc, effort que je serai bien incapable de soutenir, ne serait-ce que jusqu’au bout de la rue … !

D’autres passent par deux ou trois, souvent entre hommes, parfois en couple, et, phénomène surréaliste à mes yeux, ils discutent ! Moi qui, les rares fois où je me suis essayé à cet exercice (oui, comme tout le monde, j’ai bien tenté une ou deux fois de me motiver à chausser une paire de baskets pour faire du bien à mon corps avant que mes bonnes intentions ne se dissipent à la première averse !), ces fois-là donc, je me souviens avoir eu toutes les peines du monde à respirer. Ce n’était pas tant les jambes qui souffraient, non de ce côté-là ça allait plutôt bien, que la difficulté à trouver l’oxygène nécessaire à alimenter le travail soudain de ces muscles peu habitués à devoir fournir un effort répété. J’avais l’impression que les battements de mon cœur ne suffisaient pas à envoyer assez de sang et que toute la machine habituellement efficace subissait un dérèglement inopportun. Pour la bonne marche de la machine, il était donc plus prudent de s’en tenir là ! Pourtant, j’aurai adoré pouvoir soutenir une conversation avec une copine mais pour cela il eut d’abord fallu que je réussisse à respirer normalement, or cela m’a toujours paru être mission impossible ! Du coup, j’ai trouvé la parade : un bon repas, un thé de fin d’après-midi, un café, ou un apéro improvisé ! Vous m’avouerez quand même qu’il est bien plus agréable et bien plus pratique d’avoir une conversation autour d’une blanquette de veau maison ou d’une tasse de café plutôt qu’en s’échinant à courir pour revenir inéluctablement au point de départ !

De plus, si on pense à ce qu’encaissent les genoux, les ménisques et le cartilage, obligés d’amortir les chocs sur le bitume en supportant ainsi trois à cinq fois le poids du corps (si, si, si j’ai lu des trucs là-dessus !), aux pieds amortissant eux aussi cette onde choc qui traverse tous les membres inférieurs jusqu’à la colonne vertébrale, aux joues écarlates qui nous font plus ressembler à Bozzo le clown qu’à Pamela Anderson courant sur une plage californienne et dont seul le maillot est rouge (en même temps, qui voudrait ressembler à Pamela Anderson ???), au front dégoulinant de sueur (imaginez que le Prince Charmant Courant, ou son équivalent féminin, passe alors par là …), aux écouteurs qui ne tiennent jamais dans les oreilles, aux étirements d’après course qui vous donnent l’impression d’avoir été moulé dans un bloc de béton, sans parler, pour les moins chanceuses dont les seins dépassent le bonnet C, le ballottement pectoral, qui malgré un maintien forcé, finit par opérer de micro-déchirures sur le si fin et si fragile tissu et accélérant de ce fait la chute prématurée de toute poitrine non siliconée … Si on pense à tout cela donc, il semble préférable de s’abstenir, de prendre un bouquin et de s’installer confortablement dans un fauteuil club près d’une cheminée ou, selon la saison, dans un transat à l’ombre d’un magnolia.

A tous ceux, qui, malgré tout, voudraient s’entêter à courir, je souhaite bon courage et je les remercie de me donner, encore, l’occasion d’écrire sur un si vaste sujet !

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La bella vità

… souvenirs d’Italie

Aucune prétention artistique dans ces clichés juste quelques notes pour garder en mémoire l’esprit napolitain …

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365 …

… jours

un an

Il y a tout juste un an, le 7 août 2012, je créais ce blog. Le 9 du même mois, après de longs déboires dans les méandres de l’Internet (et je n’en étais qu’à mes débuts), je publiais mon premier article, Les routiers sont sympas … et naïfs, article qui, un an après, se maintient dans le Top 5 des articles les plus vus !

D’autres s’en suivirent, plein d’autres, une soixantaine. Mais pour ce premier anniversaire, je vous épargnerai et ne partagerai pas avec vous la fastidieuse lecture de tous ces chiffres, de toutes ces statistiques, et de tous ces savants calculs disponibles sur l’onglet « Stats » du blog auxquels j’ai accès en tant qu’administrateur et dont vous n’avez que faire. Certes, si je sais à présent qu’écrire sur un blog, et non sur un bloc (notez qu’une seule lettre fait la différence), conduit à partager ces écrits et à être lue, j’ai aussi appris qu’il ne fallait pas donner à ces chiffres plus d’importance que n’en ont les mots alignés à longueur d’articles.

Simplement cet anniversaire (que je me fête à moi-même donc) est l’occasion de constater que je demeure fidèle au but annoncé, que j’ai écrit, et plus que je ne l’imaginais au départ, que j’ai pris plaisir à le faire, tout comme j’ai aimé voir apparaître cette petite étoile orange en haut de mon écran. Je ne pense pas m’être forcée à écrire, même si l’inspiration n’était pas toujours au rendez-vous, de même, je n’ai pas toujours publié ce que j’écrivais, trop personnel, sans intérêt, obsolète, certains articles n’ont pas dépassé le stade du cahier.

Anniversaire qui est aussi l’occasion d’un petit retour en arrière afin que vous découvriez tous ces excellents articles à côté desquels vous êtes passés à défaut de connaître l’existence de ce non moins excellent blog !

Un voyage dans le passé qui vous fera traverser aussi bien ma salle de bain que ma cuisine, ma bibliothèque que mes soirées entre filles. Un voyage qui vous révèlera aussi tous les petits secrets, plus ou moins avouables, des instits. Quelle drogue elles utilisent pour tenir le coup, comment elles sont capables de se transformer en Mac Gyver pour aider leurs élèves, à quoi ressemblent leurs dimanches, comment chaque année, on tente de bousiller leurs vacances dès le 15 juillet, leur stress à l’approche de la rentrée, et les talents qu’elles déploient pour quelques feuilles de papier.

Vous trouverez sur votre route des digressions sur nos chemins qui se croisent, sur mes pérégrinations ferroviaires, sur les mystères (non élucidés) de la vie, sur ce que nos photos révèlent (ou non) de notre âme au-delà des clichés, sur mes journées et, parfois même, mes semaines de merde, quand les tuiles s’accumulent et que le sort semble s’acharner à nous pourrir le quotidien. D’ailleurs, vous n’échapperez pas non plus à mes multiples occasions de râler. Râler contre les emmerdeurs en tout genre, en particulier ceux croisés à la boulangerie, les pisseurs qui transforment nos rues en gigantesques urinoirs, contre ceux qui massacrent notre langue ou, au contraire, l’utilisent de façon pernicieuse, ceux qui érige la violence en valeur morale, ceux qui ne respectent pas les règles,  et contre le Prince Charmant, ce poltron qui a peur des dragons !

Vous saurez tout de ma vie d’aventurière intrépide (ah, ah, ah !), que ce soit au volant de Titine ou accrochée à mon balcon !

Quelques bons conseils étant toujours les bienvenus, vous pourrez enfin savoir comment vous enrichir rapidement et sans risque en lisant l’article Reproduction. Article, qu’en signe de reconnaissance, je n’ai pas hésité à partager avec mon lectorat !

De plus, l’état du ciel faisant partie des préoccupations majeures de nos concitoyens, vous serez ravis de lire mes articles météorologiques. Pluie, hiver à rallonge ou retour inespéré du soleil, même Sophie Davant ne fait pas mieux !

Et pour finir, un peu de culture, avec l’article Littérature (à ne pas rater !), un zeste d’humour avec Tobbogan (du vécu pour quiconque a amené un enfant au parc), une pointe de réflexion philosopho-sportive avec Au bout d’une paille et on peut dire que vous aurez un solide aperçu de tout ce qui fait l’excellence et la richesse de ce blog !

Non vraiment, tant d’articles de qualité réunis dans un seul blog c’était inespéré ! Variés, riches, drôles, rafraîchissants, parfois sensibles, parfois dénonciateurs, toujours de bon ton et en phase avec l’actualité, ce blog fait une lecture aiguisée de notre société et ses mœurs, ce serait dommage de ne pas s’abonner !!! Trêve de plaisanterie, merci à tous les lecteurs, qu’ils soient fidèles ou de passage (par hasard ou par erreur !!! merci Google !), le nombre de blogs étant pléthorique, je continue de m’étonner que certains se soient arrêtés sur le mien. Je ne sais ce que deviendra cette aventure mais en attendant … je pianote et continuerai à le faire tant que cela me fera du bien !

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Spiderwoman

Spiderwoman
Et voilà ! J’adore les journées comme ça ! Celle-ci avait commencé tardivement (coucher 3h00, lever 10h15 d’où une sieste estivale bien sûr !!!) et promettait d’être des plus calme. Une visite à la boulangerie (RAS), une chez le notaire (oui, là il y aurait à dire mais bon, je garde pour moi certains détails de ma vie …!), un début de rangement, la valise qui se remplit mais pas de quoi s’attarder non plus. Aucun nuage dans le ciel de cette journée raccourcie, aucune vaguelette sur le fleuve tranquille de la vie quotidienne, rien qui ne vaille la peine d’un article, à peine une histoire de stylos pour laquelle j’étais sur le point d’aligner quelques phrases.

Et puis, à 18h23 très précisément, alors que je partais pour prendre ma permanence dans  l’association dont je fais partie, l’évènement s’est produit ! Si ce matin on m’avait dit que je me retrouverai suspendue dans les airs tentant d’agripper le garde-corps de ma fenêtre de chambre je ne l’aurai probablement pas cru !

Explications. Donc, je pars de chez moi. Sac sur l’épaule, portable en main, une autre pour le cabas, j’ai dû oublié un truc là mais je vais finir par être en retard. Alors je me dépêche bien sûr, comme d’hab’ et je claque la porte du garage derrière moi. C’est précisément à cette seconde là que je m’aperçois que je n’ai pas pris les clés de la maison (ni de la voiture puisqu’elles sont ensemble !) et que je viens donc de m’enfermer dehors ! (ce n’est pas la première fois, je dirai même que les histoires de clés sont récurrentes chez moi !)

La suite est très simple. Etant donné que cette fois j’ai eu la bonne idée de laisser les fenêtres de l’étage ouvertes, je me précipite chez un des voisins qui rénove de grands bâtiments juste à côté pour lui demander de l’aide. Et surtout une échelle ! Il a une solution beaucoup plus radicale : le chariot élévateur !!!

Non, non, vous ne rêvez pas un chariot élévateur, un transpalette, un Fenwick, vous l’appelez comme vous voulez, ce truc là quoi !

Voilà donc comment je me suis retrouvée juchée sur cet engin, soulevée dans les airs, un pied sur chaque pale, jusqu’à atteindre le rebord de la fenêtre. J’ai alors prudemment avancé les pieds en évitant de trop regarder en bas, ai empoigné le garde-corps et me suis hissée à l’intérieur. Ma journée venait de prendre des couleurs !

Est-ce que c’est ce que l’on appelle s’envoyer en l’air avec le voisin ???

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Siestes estivales

Sieste

Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais autorisée le droit de faire la sieste. Temps perdu, dormir représente déjà un quart de mes journées alors si en plus je dors l’après-midi … !

Pourtant depuis quelques semaines, la chaleur, le laisser-aller, les couchers à pas d’heure, et une grosse capacité à procrastiner ont sensiblement changé la donne.

Du coup, le rythme des vacances, c’est parfois ça (parfois seulement !) :                             Lever 9h30, ok, ce matin c’était plutôt 10h30 ! Bon, à bien y réfléchir, je devrais commencer par l’heure du coucher (heure qui justifie celle du lever). Je reprends donc. Coucher aux environs de 2h00 du matin (voire 2h30 le temps de lire quelques pages), lever autour de 9h30, petit déj’, temps de réadaptation, retour à la vie réelle, ablutions diverses, exécution de quelques taches  contraintes et contraignantes. 14h00, déjeuner, café, lecture post-café, et où habituellement je m’accordais de piquer du nez dans mon canapé bouquin en main, j’emploie maintenant les grands moyens. Direction la chambre plongée dans la pénombre, la couette et surtout, surtout, pas de réveil ! Faire confiance à l’horloge biologique !

Le voyage dans les brumes de ce sommeil diurne peut ne durer qu’une demi-heure tout comme il peut se prolonger au-delà d’une heure ! Quand le corps décide qu’il a eu son compte, les paupières s’ouvrent d’elles-mêmes et c’est le signe que la pause méridienne est terminée. J’émerge alors doucement des torpeurs du sommeil et découvre l’heure. Une demi-seconde de culpabilité m’étreint avant de me retourner paresseusement : de toute façon, avec cette chaleur, qu’aurai-je pu faire de plus ?

Je découvre alors que mon corps porte l’empreinte de ce profond repos. Comme si je m’étais enfoncée dans le matelas, ma peau est parcourue de grandes traces, des rides géantes, le long des jambes, des bras, sur le ventre, la poitrine, la joue, une peau comme un drap mal repassé, des plis partout qui ne s’effaceront que bien après mon lever et qui trahissent combien je me suis perdue dans les abysses du sommeil.

La journée étant loin d’être terminée, la vie reprend son cours jusqu’à ce que des températures plus supportables me permettent d’envisager de mettre le nez dehors et d’aller à la rencontre des gens.

Qui sait … peut-être que demain l’aube me réveillera pour que je profite de la fraîcheur pour tailler les haies, tondre, désherber, astiquer et que sais-je encore, mais si rien de m’en empêche, si mon corps me le réclame, alors, oui, je ferai la sieste. Encore une fois !

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Interruption Momentannée de l’Ecriture

Plage de Royan
Plus d’un mois sans écrire une ligne. Ni sur un carnet, ni sur ce blog. C’est un constat. Rien de plus. L’écriture est une fin en soi, pas l’existence de ce blog. Il ne doit pas être une contrainte, seulement le moyen de partager, de donner à lire les mots qu’il me plaît d’étaler sur le papier avant de les recopier pour le monde virtuel.

Juin est un mois très chargé dans une vie de maîtresse, celui-ci n’a pas échappé à la règle ! Et comme je ne suis pas qu’une maîtresse (Dieu, ou qui que ce soit, m’en préserve !), mes autres activités ont aussi largement occupé mon temps. Et puis, avec la venue tant attendue du soleil, il a fallu rattraper le retard des soirées en terrasse et des apéros au crépuscule. Etre avec les gens, vivre.

Juillet touche presque à sa fin et je profite de l’accalmie pour reprendre la  plume. Il ne faudrait pas non plus laisser le poignet et les idées s’ankyloser par manque d’entrain. Le cerveau aurait tôt fait de se gripper.

Même si parfois les idées se bousculent dans ma tête, j’avoue ne pas avoir une inspiration insensée pour un sujet ou un fait particulier. Je ne voudrais pas ennuyer mes rares lecteurs (ne me dites pas que vous dormez déjà ?!), ni étaler mes émois de façon trop impudique, ni pour autant vous abandonner, chers lecteurs.

Je pourrai écrire sur la liberté. Grand et noble thème que j’aborderai par le petit trou de la lorgnette. Avoir une voiture n’est-il pas une façon d’être libre ? Oui, je laisse aux philosophes les grands discours, les débats enflammés sur la condition de l’Homme libre (thèse, antithèse, synthèse) pour n’évoquer que les sensations que j’éprouve lorsque je quitte ma maison, volets clos et bouteille de gaz fermée, et que je m’installe au volant pour rejoindre mes amis pyrénéens, laissant derrière moi le quotidien et ses contraintes. Zappant sur une bonne grosse radio commerciale qui diffuse les mêmes tubes à longueur d’ondes, ou insérant un cd évocateur dans le lecteur, je monte le son et, oui, à cet instant-là, rouler vers eux me donne le sentiment d’être libre. Avec un peu plus d’audace, je pourrai ne pas m’arrêter, rouler, rouler, rouler encore et encore, traverser montagnes et plaines arides de la péninsule ibérique jusqu’à ce que la route disparaisse, jusqu’à la mer …

Je pourrai écrire sur la solitude. Lorsqu’en pleine nuit, alors que l’orage, la pluie, et le vent font rage et dévastent tout, je finis par me lever, armée de ma seule lampe torche (il n’y a plus d’électricité) pour faire le tour de la maison plongée dans le noir, pour vérifier, tant le bruit est accablant que tout va bien, et que je constate alors, incrédule, que le toit du garage prend l’eau de toutes parts inondant paillasson, vélo, et tout le fatras habituel. Plantée sur le seuil, impuissante, j’ai l’impression de me vider de mes forces, je positionne un seau à l’endroit qui me semble le plus approprié et referme la porte sur ce misérable spectacle en me disant que ce n’est qu’un garage et que, franchement, ce n’est vraiment pas bien grave. Mais en remontant faire l’autruche sous la couette, c’est la solitude qui emplit tout l’espace.

Je pourrai écrire sur cette capacité nouvelle à m’accorder des siestes dans la chaleur des après-midis de juillet pour cause de coucher trop tardif et de paresse assumée. Je pourrai écrire sur le sentiment d’être pleinement vivante lorsqu’en dansant frénétiquement jusqu’au milieu de la nuit, rien ne parvient à entamer le plaisir de laisser les pieds et le corps suivre la musique. Je pourrai écrire sur la ferveur des fêtes bayonnaises, sur les multiples visages de cette foule, sur ce qu’elle a de meilleur comme de pire. Je pourrai écrire sur tous ces empêchements qui se dressent en permanence sur nos routes, parfois de toutes petites ornières à contourner, parfois des bifurcations qu’il faut savoir appréhender, d’autres fois encore, l’impression d’être à la croisée des chemins.

Oui, je pourrai écrire sur mille et une choses (peut-être un peu moins en fait !) mais je n’ai pas encore d’élan rhétorique suffisant pour que tout ça ne soit pas ennuyeux. J’attends donc que ma main soit guidée par des émotions plus fortes, qu’elle soit directement reliée à mon ventre pour aligner les mots et les idées sans même y penser.

En attendant, je réamorce la pompe, qui sait, peut-être que, comme l’appétit vient en mangeant, l’écriture vient en écrivant … ?

      A la vôtre !                      Ouverture des fêtes de Bayonne

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La première gorgée de bière …

…. et autres plaisirs minuscules

(titre emprunté à Philippe Delerm)

Il en a mis du temps à arriver ce printemps alors pour une fois qu’on peut en profiter et se détendre autour d’un verre, ce soir c’est « open-terrasse » !

Une soirée toute simple mais un p’tit plaisir qui a une saveur particulière après des mois de grisaille, de pluie, et de mauvais temps général qui nous avait confiné à l’intérieur nous faisant oublier la douceur des soirées de mai ou juin. Une soirée sans contraintes, sans obligations, une soirée facile. Ça devrait toujours être aussi simple.

En préambule, à celle qui n’est jamais venue, je jette sur le papier quelques explications et griffonne un plan (détaillé !) pour rejoindre la terrasse en question. L’heure ? Bahhhhh, ben pour l’heure, on n’a qu’à dire quand tu veux, l’important étant juste de me laisser le temps d’arriver pour ne pas trouver porte close.

On ouvre les portes, les fenêtres, on fait rentrer l’air, le soleil. On met quelques bouteilles au frais. On ne sait pas vraiment ce que l’on va manger, ni combien on sera mais ça n’a aucune importance. On fait cuire des graines. On découpe des carottes en petits bâtonnets. On pèle des concombres. On tartine des tranches de pain frais. On ouvre des olives, des sachets de cacahuètes. On dispose du jambon dans des assiettes. On tranche du saucisson.

Une troisième arrive. Elle a trouvé sans problème. Le plan ne laissait pas droit à l’erreur ! Elle ne connaît pas alors on lui fait visiter. On fait l’historique des lieux, ce qu’on y a fait, ce qu’il reste à faire. Comment, en ces temps tourmentés, on se sent privilégié d’avoir un toit dans cet endroit calme et si proche de la ville en même temps.

On s’installe dehors. On sort les chaises. On nettoie à peine la table de jardin. On sort des verres. On commence à picorer, à remplir et vider nos verres, gentiment, en papotant. Enfin, une quatrième nous rejoint. Elle ne fait que passer, tournoi de tennis et match à 21h. Piuffff, très peu pour moi ! Bières, vin rouge, citronnade ou Coca, on remplit nos verres en débriefant de nos journées. On rit. Beaucoup. Fort.

Ma voisine et amie passe devant la terrasse. Elle débauche. On l’arrête. On la happe. Allez, une de plus … Mais son mari l’attend, il a préparé le diner, et sa petite famille a les crocs ! Elle repassera à l’heure de la tisane. Promis …

Plus de dix ans séparent la plus jeune de la plus vieille (moi ?!) mais on dirait un groupe d’anciennes copines de fac qui se retrouve. Séparée, fraîchement célibataire, en couple, avec ou sans enfants (enfin, surtout sans !), on ne peut éviter LE sujet qui fait tourner le monde : les affres de l’amour. Les hommes. Nos hommes. Ceux qu’on a connus, ceux qui nous ont fait grandir, souffrir, rire et pleurer. Ceux qui nous ont quitté. Ceux qu’on a laissé. Ceux qu’on espère croiser …

Et ça grignote des bouts de trucs super « grossissogènes » qu’on regrettera dès le lendemain. Digressions diverses et variées, les phrases se croisent, les mots s’entrechoquent, les idées rebondissent. La soirée s’étire. La comtoise égraine les heures. Le jour se prolonge. La nuit sera plus courte que le jour.

La tenniswoman nous a quitté. On fait un peu de place sur la table. On enlève les ramequins vides. On finit les assiettes. On allume une bougie. Puis de l’encens pour éloigner les possibles moustiques.

Dans le soleil déclinant, on fait le tour du quartier laissant derrière nous portes et fenêtres ouvertes, sans crainte, sans peur de quoique ce soit. Balade sur le port. Les lumières sont belles. Le courant de la marée montante transporte aussi bien des branchages confusément emmêlés qu’un canard égaré. Il faut dire que ce n’est pas la grande bleue par ici. Juste un port fluvial avec de la vase et des roseaux sur les berges. Mais il y a une petite halte nautique. Un ponton et des voiliers amarrés. Le flux et le reflux. Le reflet du soleil et le calme de l’eau. On est bien.

Ponton au couchant

On retrouve notre table encore encombrée de verres, de cendriers, de couverts inutilisés. On sort de la glace, des biscuits. Il se fait tard mais on récupère la voisine pour le dessert. Et c’est reparti !

Les moustiques ont fini par abandonner la partie, il commence à faire frais, on attrape nos p’tites laines et on fait chauffer de l’eau. Tisane pour tout le monde !

Le match de tennis s’est terminé victorieusement pour la tenniswoman de la soirée qui, elle aussi, a droit à sa tisane ! Un homme pointe son nez alors qu’on ne s’y attendait plus … teteuteuteu, il faudra revenir : ce soir, c’est soirée entre filles !

Voilà, la nuit n’est pas terminée mais déjà bien entamée. Je ne sais pas si c’est ce que l’on appelle le bonheur mais c’était bien agréable …

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